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SPIRITUALITE

 NOUS SOMMES SA REELLE TENDRESSE

                                                                              

Il y a un lieu de solitude où des envoyés de l’Eglise se rendent patiemment et fidèlement, car c’est aussi le lieu de toutes les attentes : le lieu d’épreuve de la prison dont est proposée une  évocation. 

 

Lieu d’attentes

Dès les premières heures, la personne qui est amenée en prison comme celle qui se rend à l’hôpital n’a qu’une pensée, un désir : sortir ! Mais il y a les longs mois des mandats d’arrêt qui se succèdent pour permettre l’instruction. Peut-être une mise en liberté provisoire interviendra. Le temps du procès sera aussi bien long avec sa préparation, les rencontres avec l’avocat et le président du tribunal, en portant toutes les questions et les calculs sur la durée de la peine encourue, puis réellement infligée. Le temps de l’accomplir, avec cette petite lumière au bout du tunnel, selon une présidente de cour d’assises, quand elle vient annoncer le prononcé du verdict. Aller vers la sortie n’est pas sans embûches : concernant les transferts, les aménagements de peine, les permissions. Et enfin la liberté, bonne, quand elle a été préparée.

Les attentes quotidiennes sont plus terre à terre, car c’est le train-train d’un internat si particulier : la vie de la cellule, les rythmes des promenades, des repas, peut-être du travail et tout ce bruit d’une vie commune de promiscuité.  Parmi les attentes d’une semaine, le temps du parloir est le beau cadeau de la famille, de l’épouse ou de l’époux, des enfants et des amis ; s’y ajoute, très attendu, le téléphone du dimanche pour écouter des voix aimées et aimantes, et le courrier lu et relu avec ses réponses. Le personnel pénitentiaire et des services sociaux est au cœur de cette vie et en  partage les attentes, car il sont les permanents de ce lieu d’enfermement et ouvrent des portes.

Des amis visiteurs et les aumôniers ont à proposer les moments de leur présence, très attendus eux aussi !

 

Lettre au Père Noël

Cette année, pour nous, Noël se passe en prison. Je sais que tu vas dire : Si on est là, c’est parce que l’on a fait une bêtise. C’est vrai ! Tu as peut-être raison, mais quand même, c’est pas pour ça qu’on n’a pas été sages cette année ! Et surtout qu’on n’essaiera pas de le rester, je dis bien essayer. Mais tu dois bien te douter que chaque jour qui passe n’est pas facile.

 

Les périodes de fêtes sont plus dures, car nous sommes deux mamans séparées de leurs enfants. Noël représente habituellement un moment de joie et de retrouvailles familiales, et la prison casse tout cela ! En fait on ne te demandera pas de cadeaux, pas même la liberté, car on est conscientes de devoir payer nos fautes, on te demande juste pour ce jour exceptionnel que nos enfants soient heureux, même si l’on n’est pas auprès d’eux.

 

Tu vois, on y croit encore au Père Noël ! On reste malgré nos âges, de grands enfants. Allez, à l’année prochaine ! Peut-être que d’ici là, il y aura du changement pour nous.

                                                                                                Francine et Amélia.

NDLR

Ce texte de la Lettre au Père Noël est rempli d’humanité, car des personnes l’ont écrite avec leur cœur, et bien au-delà de leur bêtise. Aumôniers, nous en sommes témoins !

   

 

 

Aumônerie de prison en quelques points…

  • La présence d’aumôniers dans le milieu carcéral remonte à saint Vincent de Paul. Depuis, ils font en quelque sorte partie des murs.
  • Des chiffres pour l’aumônerie catholique des prisons : 511 membres dont 247 laïcs, 139 prêtres, 46 diacres et 79 religieux et religieuses.
  • Le Congrès de Lourdes (20-22 octobre 2006) a souligné fortement les quatre mots qui résument l’aumônerie : ensemble, rencontrer, réfléchir, célébrer. Mais ce qui est au cœur, c’est envoyés ensemble. Personnes détenues et membres des équipes d’aumônerie, c’est ensemble que nous sommes des chercheurs de Dieu. Ce n’est pas nous pour eux, c’est nous avec eux.
  • Interviennent aussi des aumôniers protestants et musulmans.

 

Convictions d’aumônerie

Ce sont eux qui doivent nous évangéliser !

 Saint Vincent de Paul (1581-1660) l’a écrit en son temps, lui le premier aumônier des prisonniers : Ne vous occupez pas des prisonniers si vous ne consentez pas à être leurs sujets et leurs élèves. Ceux que nous appelons des misérables, ce sont eux qui doivent nous évangéliser et convertir. Après Dieu, c’est à eux que je dois le plus. Et il précise encore : S’il s’en trouve parmi vous qui pensent qu’ils sont envoyés pour évangéliser les prisonniers et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non aux temporels, je réponds que nous devons les assister en toutes manières par nous et par autrui : faire cela, c’est évangéliser par paroles et par œuvres, et c’est cela le plus juste.

 

Témoins d’humanité

L’aumônier est celui qui tente de témoigner que le détenu est autre chose que cette femme ou cet homme condamnés et qu’ils ne peuvent être réduits à l’acte, aussi grave soit-il, qu’ils ont commis un jour de leur vie.

L’aumônier vient dire aux détenus que Dieu est au-delà de tous les regards humains posés sur eux. Alors il rappelle aux détenus que des femmes et des hommes entendent leur souffrance et, au nom de leur foi en Dieu, reconnaissent pleinement leur humanité. Quand je rencontre pour la première foi un détenu, ce n’est pas un voleur, un assassin ou un pédophile que je vois : c’est une personne.

L’aumônier, comme d’autres aux côtés des victimes, prend le temps de partager une souffrance, des non-dits (longs silences) et une reconstruction.

 

Amis, nous sommes envoyés

C’est le chant du congrès de Lourdes selon un texte de Charles Singer et une musique de Michel Wackenheim

 

Refrain                                                                                                                             Couplets

Amis nous sommes envoyés                                  1. Ensemble nous sommes sa présence,

Annoncer le jour de l’espérance,                             Nous sommes son fidèle visage

Car Dieu toujours essuie les larmes,                         Ensemble nous sommes son audace

Car Dieu est toujours là où vivent                            Nous sommes sa réelle tendresse.

ses enfants.

Amis, nous sommes envoyés                                 2. C’est là-bas dans les pays de l’absence

Derrière le mur des solitudes,                       C’est là-bas que nous le rencontrons.

Car Dieu jamais ne condamne,                     C’est là-bas dans les pays de détresse,

Car Dieu jamais ne condamne                           C’est là-bas que nous le célébrons.

ses bien-aimés  (bis)
                                                                                 Prochaine mise à jour en mai 2007